Neuf fourgons de CRS ont bloqué une petite route du village de Migné-Auxances (Vienne). Face à cette barrière imposante, des centaines de manifestants opposés aux mégabassines ont signalé aux milliers d’autres militants qu’il fallait traverser les champs. La tension est rapidement montée avec un premier tir de grenade lacrymogène, provoquant un incendie dans un champ de blé tout juste moissonné.
Jusqu’à ce moment, le cortège, organisé principalement par les collectifs Les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci (BNM), était resté festif. Mais avec l’incendie attisé par le vent, les manifestants ont dû presser le pas. Un homme, en réponse à cette situation dramatique, a crié "Vous assassinez la nature", bientôt rejoint par un autre qui a ironisé sur la décision des forces de l’ordre de lancer une grenade lacrymogène dans un champ de paille.
Les gendarmes ont alors survolé la zone en hélicoptère, exhortant les manifestants à se rendre aux zones vertes et au village en raison de la progression des flammes. Les militants, peu impressionnés, ont répondu par des injures et des gestes obscènes. Le cortège, confronté à un nouveau dispositif policier à l’orée d’un pont, a été contraint de faire demi-tour, suscitant la colère d’activistes italiens qui avaient effectué un long trajet pour participer à l’action.
La première journée de mobilisation des milliers d’opposants - 3 800 selon la police, 6 500 selon les organisateurs - réunis au "village de l’eau" à Melle (Deux-Sèvres) depuis le mardi 16 juillet, n’a pas atteint ses objectifs. Les manifestants visaient la mise en place symbolique d’un panneau de "dissolution" devant le bâtiment de Cérience, filiale de la coopérative Terrena, considérée comme l’un des principaux promoteurs des mégabassines dans le Poitou.
Toute la journée, les opposants ont tenté de déjouer l’imposant dispositif policier en restant le plus mobiles possible. 3 000 agents avaient été déployés pour l’occasion. Les manifestants avaient initialement affiché leur intention de se rendre à Saint-Sauvant (Vienne), où une nouvelle mégabassine doit être construite en septembre. Mais rapidement, ils ont changé d’itinéraire après avoir essuyé quelques tirs de grenades lacrymogènes dès leur départ des parkings du "village de l’eau".
Donnez votre avis !